Si vous avez l’impression que la publicité sur Internet est insupportable et que c’est de pire en pire, vous avez raison. La publicité sur Internet n’a jamais été aussi gênante.

La publicité sur Internet n’arrête pas d’évoluer, toujours pour répondre aux besoins de nombreux annonceurs qui cherchent à trouver de nouveaux clients. Aujourd’hui on peut constater qu’elle est encore plus invasive que jamais. Le résultat est lourd avec la somme des popups pour s’inscrire aux newsletters, les tchats clients et les messages d’acceptation de cookies.

La publicité sur Internet avant, il y a longtemps…

Il y a des années la publicité était réduite à de rectangles de 468×60 pixels et 300×250 pixels. Quand les choses ont un peu avancé, nous nous sommes retrouvés avec 728×90 pixels… c’était à une époque où il y avait une sorte de déclaration formelle de tailles standards de bannières de publicité réalisée par le Interactive Advertising Bureau.

Encore innocents, les annonceurs (dont moi) et régisseurs publicitaires travaillaient sur cette base. La concurrence était beaucoup moins forte, la publicité était beaucoup moins chère et on arrivait finalement à rentabiliser les investissements sans faire énormément d’effort.

Tailles « standards » de bannière publicitaires

Hors, si on « standardise » le format, l’utilisateur apprend à les ignorer, à les passer sur le côté et sélectionner visuellement les objets qui l’intéressent.

La publicité sur Internet aujourd’hui est pire qu’avant

Aujourd’hui ce tableau est de l’histoire ancienne. La publicité sur Internet doit surprendre, être originale et présente. La publicité en ligne s’est beaucoup spécialisée. Le marché des enchères de mots clés, le prix à l’affichage (CPM), le prix au lead (action), la publicité dans les vidéos Youtube, etc. se réinventent et bien sûr ont un prix plus élevé. La concurrence est très rude à tous les niveaux. Rentabiliser la publicité est moins facile, les gros investisseurs sont bien installés et certains le font à perte quitte à manger la part du marché au concurrent.

Les agences marketing font tout pour avoir le plus d’impact possible, alors, c’est ainsi qu’actuellement les publicités, même bien ciblées et sans pour autant être de mauvais goût, sont plus gênantes et invasives que jamais :

Exemple de publicité invasive
Un exemple de publicité invasive
Un autre exemple de publicité invasive.
Cristina, je ne sais qui tu es, mais je te n’aime pas.

Aujourd’hui les annonceurs désespèrent, ils demandent aussi un minimum de temps de lecture pour leurs publicités. Placer des publicités de sorte qu’on ne puisse pas les éviter, pourquoi pas, tant que c’est le moins perturbant possible quant au lieu ou ou moment. Difficile. Faudrait-il une sorte de ré-éducation du public afin qu’il s’attende à des publicités à très gros impact ?

Ré-éducation ou obligation, la publicité invasive est une réalité.

Les bloqueurs de publicité

Il y a de solutions pour l’utilisateur, c’est d’installer une extension sur son navigateur, comme Adblock sur Chrome ou Adblock Plus sur Firefox (qui est la version mafia d’Adblock sur Chrome). Mais s’agit-il d’une bonne solution ?

En tant qu’individu, oui, mais pour un système global où l’utilisateur ne demande que du gratuit pour la plupart des contenus, c’est dangereux.

Les bloqueurs de publicité mettent des bâtons dans les roues aux sites qui ont besoin de la publicité pour survivre.

J’admets cela malgré moi, car la publicité par principe, dérange, alors être amenée à dire que la fin de la publicité sur internet est dangereuse, dérange d’autant plus.

Le juste milieu

Serait-il possible d’imaginer un juste milieu où la publicité ne gêne pas « autant » et qui puisse exister en harmonie dans l’écosystème numérique ? Ce qui est considéré gênant ou pas est subjectif. Le site d’Adblock Plus dit avoir travaillé avec la communauté open source sur le développement et publication des guides de publicité « acceptable » . Mais les annonceurs ne seraient pas pour autant satisfaits avec ces lignes directrices. Avec une pression grandissante sur la valeur et l’efficacité de leur publicité à l’affichage par exemple (CPM), ça peut rendre les campagnes presque inutiles.

Il faut dire aussi que ces guides ont connu des controverses au sein de la communauté, au point de finir par avoir créé une version parallèle, sans la polémique liste blanche d’Adblock Plus. Cette version se matérialise aujourd’hui avec le bloqueur alternatif uBlock Origine.

Selon Vedrashko de l’agence de marketing Hill Holliday à Boston, une solution consisterait à oublier cet enthousiasme pour capter l’attention. Une possibilité serait de « retourner 10 ans en arrière et mettre des jolis rectangles qui attendent poliment pour que lorsque quelqu’un aime, clique, et qu’ils ne perturbent personne sur ce qu’elle était en train de regarder sur la page ». Voir l’article complet sur Warc.

L’exception existe

Les publicités les plus puissantes sont celles qui transmettent des émotions, et par ce biais on peut trouver de belles exceptions qui font penser que pas toutes les publicités ne sont insupportables. Finissons cet article en douceur avec cette publicité pour la Western Sydney University :

Vous en pensez quoi ? Utilisez-vous les bloqueurs de publicité ? Arrêteriez-vous de vous en servir pour sauver le monde (d’internet) ?

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